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MENACE SUR
L'INFIRMERIE MARIE-THERESE |
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Le président de la Société
d'Histoire de l'Archéologie du XIVe arrondissement, Georges Viaud, m'a saisi
en tant que président de la Société Chateaubriand, d'un projet qui touche
l'un des domaines les plus beaux et les mieux conservés de l'arrondissement,
l'Infirmerie Marie-Thérèse, 92 avenue Denfert-Rochereau.
ENTREE DE L’INFIRMERIE
MARIE-THERESE SUR L’AVENUE DENFERT-ROCHEREAU Créée en 1819 par Mme de Chateaubriand qui donna à cette
œuvre le nom d'Infirmerie Marie-Thérèse, prénom de la duchesse d'Angoulême,
la Madame Royale du Temple, elle y voua l'ensemble de son activité, aidée en
cela par son mari qui a consacré de magnifiques pages à l'Infirmerie dans les
Mémoires d'outre-tombe : « Ma maison, les divers bâtiments de l'Infirmerie
avec leur chapelle et la sacristie gothique, ont l'air d'une colonie ou d'un
hameau... Des processions composées de tous nos infirmes, précédées de jeunes
filles du voisinage, passent en chantant sous les arbres... Les merles
sifflent, les fauvettes gazouillent, les rossignols luttent avec les hymnes »
(livre XXXVII, chapitre 1).
VU DEPUIS LE JARDIN, MUR DE LA
CHAPELLE AVEC SES TROIS FENETRES EN PLEIN CINTRE LE BATIMENT A GAUCHE DE
CELLE-CI FAIT L’OBJET D’UN PERMIS DE DEMOLIR |
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LE BATIMENT DE L’HORLOGE PRES
DE L’ENTREE DE L’INFIRMERIE |
La loge d'entrée ornée d'une
grande horloge, le parc composé de beaux arbres, la chocolaterie
créée par Mme de Chateaubriand pour faire face aux dépenses de fonctionnement
que les dons de ses amis, de ses proches et des membres de la Cour étaient
insuffisants à couvrir. Les Chateaubriand ont acquis parcelle par parcelle ce
domaine que le Père Noël Richard appelle le « Paradis de la rue d'Enfer ». Ce bel endroit qui a conservé un
charme puissant demeure comme la survivance de ce qui était des domaines
religieux situés aux barrières de Paris en ce début de XIXe
siècle. Mme de Chateaubriand voulait y accueillir des femmes de condition,
ruinées par la Révolution et de vieux prêtres; c'est cette seconde vocation
qui l'a emporté. Les Chateaubriand habitaient tout à côté dans une maison
dont nous gardons l'image grâce à une lithographie d'époque. Danielo qui fut
le secrétaire de l'auteur des Mémoires d'Outre-tombe nous a laissé une vision
extrêmement précise de ce qu'était l'Infirmerie, du soin que Mme de
Chateaubriand apportait au confort de ses pensionnaires, le dévouement
inlassable qu'elle y a montré en dirigeant son œuvre jusqu'en 1838 où Mgr de
Quelen la contraignit à se retirer. En 1828, l'archevêché de Paris était
devenu propriétaire de l'Infirmerie à la suite d'une donation des
Chateaubriand à l'archevêché de Paris. S'étaient-ils trompés sur le moyen
d'assurer la pérennité de l'Infirmerie ? |
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L'infirmerie reconnue par
ordonnance royale de 1827 « maison de retraite dépendante des séminaires
diocésains de Paris ». L'archevêque de Paris a accepté pour lui et ses
successeurs la donation proposée par M. et Mme de Chateaubriand.
L'établissement était placé sous l'autorité de l'Archevêque assisté par un
Conseil d'administration qui comprenait un certain nombre de personnalités
importantes dont le préfet. L'acte est passé devant des notaires à Paris le
25 et 26 avril 1828 comprend 10 grandes pages. L'acte de donation est assorti
de certaines clauses, les unes permanentes, les autres transitoires. La
rédaction de ce texte est l'œuvre de juristes et de canonistes. Ainsi « la
maison de retraite Marie-Thérèse est exclusivement destinée à recevoir des
ecclésiastiques âgés ou infirmes ». De nouveaux bâtiments ont été
construits dans les années 70, mais la vocation a été conservée puisqu'elle
accueille aujourd'hui des ecclésiastiques retraités. |
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LE CLOCHETON AU-DESSUS DE LA
CHAPELLE SAINTE THERESE
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LE BATIMENT DE L’HORLOGE A
TRAVERS LA VERDURE |
Ces immeubles de rapport vont entraîner
un mouvement de population dans ce lieu calme et paisible qui n'aura aucun
rapport avec l'institution et sa vocation religieuse, et va dénaturer de
manière irrémédiable ce très beau site dont les bâtiments harmonieux ne
bénéficient pas des dispositions relatives à l'inscription à l'inventaire
supplémentaire ou du classement. La zone des espaces verts du grand jardin est seule
protégée mais la construction des immeubles à l'emplacement de bâtiments qui
vont être rasés - dont la Maison Saint Jean et un mitoyen de la chapelle
Marie-Thérèse sont autant de raisons pour s'opposer vigoureusement à cette
initiative malencontreuse, en totale contradiction avec les vœux des
donateurs. La Société Chateaubriand s'est à
de nombreuses reprises et toujours avec succès opposée à ces convoitises
immobilières. Nous le ferons encore aujourd'hui avec tous ceux qui sont
attachés non seulement à la mémoire de Chateaubriand mais aussi à l'histoire
patrimoniale du 14e arrondissement. |
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Jean-Paul Clément Président de la Société Chateaubriand Correspondant de l'Institut LA PETITION DES CHATEAUBRIAND René-François de Chateaubriand est
le dernier fils du comte René-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg et
de Dame de Chateaubriand, Apolline de Bédée. Dans les Mémoires d’Outre-Tombe, il évoquera sa fratrie : “ Quatre enfants
périrent d’un épanchement de sang du cerveau. Enfin ma mère mit au monde un
troisième garçon qu’on appela Jean-Baptiste : c’est lui qui, par la
suite devint le petit-gendre de M. Malesherbes. Après
Jean-Baptiste naquirent quatre filles : Marie-Anne, Bégnine, Julie
et Lucille, toutes quatre d’une rare beauté, et dont les deux aînées ont
seules survécu aux orages de la Révolution. ” La descendance directe de la famille fut transmise uniquement par
Bégnine de Chateaubriand, comtesse de Québrac puis de La Celle de
Chateaubourg,. Elle eut de ses deux mariages, six enfants. Ils sont
actuellement plus de six cent descendants. La pétition des membres de la
famille de Chateaubriand fut adressée le 14 décembre 2006, au ministre de la
Culture. Elle demande le respect absolu des termes de la donation de l’Infirmerie
Marie-Thérèse, au profit de
l'Archevêché en 1828 établie par acte notarié. Ces signatures furent
le fruit du travail de Cécile Pastré, descendante de l’illustre famille, et
de Jean-Paul Clément, président de la Maison Chateaubriand. A ce jour, cette
missive n’a point eut de réponse.
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S.H.A.14 - FEVRIER 2007 G.VIAUD / S.H.A.14 / YAB / YAB |
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